mercredi 28 juin 2017

X comme prendre un enfant par l'archive. #ChallengeAZ


Dans le répertoire de l'arbre généalogique d'Availles, il n'y a pas de fantaisie, se trouvent en X tous ceux qu'on n'a pas su ou pas pu nommer.
Et parmi ceux-là, les enfants abandonnés.  On les croise dans les registres paroissiaux, dans les registres d'Etat civil, et une Série leur est consacrée aux Archives Départementales, il s'agit de la Série 3 X. Voyons ce que nous disent ces ressources des petits malheureux de notre commune.

Tout d'abord quelques définitions telles qu'elles nous sont rappelées dans le répertoire des AD86
- un enfant exposé est un enfant abandonné anonymement. Les lieux varient du tas de bois au tour d'abandon, en passant par les portes des maisons...
- on appelle "enfant trouvé", un enfant dont l'exposition a eu lieu et qui est né de père et de mère inconnus. Il est réputé par la loi illégitime jusqu'à preuve acquise du contraire.
- un enfant abandonné est un enfant légitime qui, à raison de la disparition, l'emprisonnement ou la condamnation de ses père et mère est assimilé par les lois aux enfants trouvés.
- un orphelin pauvre est un enfant né d'un mariage légitime, qui en raison de l'indigence de ses parents ou de la mort de l'un ou l'autre est appelé à jouir des fondations faites dans les hospices, pour la nourriture, l'entretien et l'éducation des enfants légitimes.


Le 4 novembre 1734, une petite fille est abandonnée au château de Chitré. Le curé de Prinçay la baptise sous condition et lui donne pour parrain et marraine Louis BOBIN et Marie MINOT domestiques. Se sont-ils chargés de l'enfant ? L'histoire ne le dit pas. Mais à l'époque, on règle le problème à proximité.
Nous retrouvons peu d'enfants exposés dans les registres d'Availles et de Prinçay. Un second est baptisé à Availles en 1655.



En 1833, le petit Arsène Nadine, enfant trouvé est confié à Marie AUGEREAU, nourrice d'Availles. L'enfant a-t-il survécu ? Je ne retrouve ni Arsène ni Nadine dans les tables de décès de notre commune pour la période concernée.


A partir du 1er janvier 1834, les enfants trouvés et abandonnés de la Vienne ne sont plus reçus que dans le seul hospice de Poitiers. Qui a eu cette idée étrange d'une centralisation de l'abandon, dans un monde sans transport et sans lait maternisé ? Quelle volonté sournoise cache cette sombre décision ?
Je laisse M. MARTINET, maire de Châtellerault vous exposer son désarroi et son dégoût, 8 jours après la prise de décision.


Le 9 janvier 1834
Monsieur le Préfet , 
La mesure prise par le conseil général de supprimer les tours des arrondissements, dans lesquels on déposait les enfants trouvés, place l'administration des chefs-lieux dans un embarras fort pénible ; voici celui dans lequel nous nous trouvons en ce moment : une inconnue est venue chez l'une de nos sage-femmes, pour faire ses couches ; elle est dénué de tout, elle ne peut allaiter son enfant ; et sans parents, sans asile, cette malheureuse accueillie par une femme charitable est dans la nécessité de se séparer du fruit de son égarement. Je viens de donner des ordres pour qu'il faut porté à Poitiers ; j'ai assuré la sage-femme que le bureau de bienfaisance l'indemniserait des soins qu'ell a donnés et des frais qu'elle a faits. 
Si pareille circonstance ne se présentait que cinq à six fois par an, ce serait pour le bureau une charge supportable et les frais de transport des enfants ne grèveraient pas la commune d'une somme considérable ; mais nous ignorons où cela pourra se borner ; nous sommes exposés à ce qu'on regarde la ville de Châtellerault comme une espèce d'entrepôt, où l'on apportera les enfants qui s'en trouverons plus près de Poitiers : sur quelles ressources  prendre les fonds indispensables aux frais de transport ? Comment même organiser, d'une manière convenable des transports aussi éventuels ? Ne serait-ce point d'ailleurs nous imposer par notre prévoyance, une charge que nous ne devrions nullement supporter pour les autres communes ? 
Vous voyez, Monsieur le Préfet, que si je viens vous demander les secours de votre sagesse, ce n'est pas sans un besoin réel, la matière est bien délicate ; ce sont les premiers soins surtout, que réclame la faiblesse de ces petits malheureux, que nous ne pouvons faire donner ailleurs qu'à l'hospice , s'il était impossible de les transporter : cela peut arriver souvent. Comment en faire entrer d'ailleurs, quand il y a défense d'y recevoir aucun enfant depuis le 1er janvier ? 
Les auteurs de cet essai, que je ne qualifierai pas, de peur de commettre une injustice, auraient du organiser des espèces de convois dans chaque chef-lieu de canton, qui auraient reçu et transporté les enfants trouvé tous au même point, puisqu'on a pensé que cette mesure pouvait produire de bons effets. Toutefois, dans l'état actuel des choses, je prévois beaucoup d'embarras, de dépenses, et je dirai, de dégoût, car il est bien pénible de se voir obligé d'exposer à beaucoup d'accidents, les pauvres êtres qui ne demandent que des soins et du repos. 
Veuillez accueillir avec bienveillance la demande que j'ai l'honneur de vous adresser et recevoir Monsieur le Préfet, l'assurance de mon respect. 
MARTINET. 





C'est en 1910 que le Conseil Municipal de la commune d'Availles vote la création d'un bureau de bienfaisance, ancêtre de la CAF. 


Sources :
AD86  - Série 3 X
Archives municipales d'Availles-en-Châtellerault. 


mardi 27 juin 2017

W comme Water Closet à #Availles86 #ChallengeAZ.


C'est la dernière semaine du #ChallengeAZ. On attaque la série des lettres compliquées qui viennent à la queue-leu-leu,  alors que l'écriture quotidienne commence à montrer des signes de fatigue.
J'étais peu inspirée par le W. J'ai failli choisir la facilité avec "WW1 et World War 2". La guerre, un classique du "W". Je vous aurais parlé des poilus d'Availles, de notre projet d'expo autour du Centenaire de la paix, du formidable travail avec les bénévoles d'Availles qui transcrivent les fiches matricules, retracent les parcours, et...
Et patatras, j'ai rencontré Marie-Noëlle et Thérèse au feu de St Jean à Prinçay, samedi soir. Et les voilà toutes les deux à m'inciter à parler des "Water Closet" !! Chiche !!
Les Water Closet sont l'appellation  moderne des latrines.

Si j'avais su qu'un jour le sujet deviendrai l'objet d'un challenge, je n'aurais pas manqué de photographier la superbe couronne de paille posée sur le banc percé au dessus de la fosse d'aisance odorante de ma maison en 1989. A coté du trou, cinquante ans de calendriers des postes recyclables attendaient leur tour de service, avis aux collectionneurs !
Je ne vais pas vous faire un historique des manières de se soulager... A Versailles derrières les portes, sur les chaises percées, etc... jusqu'au souvenirs de pot-de-chambre de vos grand-mères. Le pot de chambre de la grand-mère, pendant les vacances à la campagne, je suis certaine que ça "parle" à nombre d'entre vous ;)
C'est le XIXème siècle,  hygiéniste, qui propose l'idée des pissotières et autres toilettes publiques. Quand se sont-elles imposées à Availles et où se sont-elles installées ? Nous finirons par le savoir !



Toujours est-il qu'en 1923, une délibération de Conseil municipal nous signale qu'il est temps d'ordonner son nettoyage !!




Le 24 Octobre 1939, les réfugiés mosellans sont au village. Dans la salle de danse MENECAY, c'est à dire la salle de danse du bistrot d'Availles, on fait deux salles de classe pour les enfants réfugiés. Et il y aurait lieu de faire construire des "Water Closets" pour les élèves ! 



Le 8 avril 1951, nous apprenons qu'il serait urgent de faire vidanger les cabinets d'aisance de la place du bourg.

Nous savons également que l'école publique à sa construction (actuelle mairie) était équipée de latrines, et que celles ci se  trouvaient dans la cour, en face du bâtiment, pas très loin du puits... Ce puits dont l'eau servait à la fabrication du pain du boulanger Grateau qui n'avait pas d'eau chez lui... Oui, c'est ça le sel de la vie ;)

L'assainissement du village, c'est tout un programme... Sur plusieurs siècles ! Le passage des latrines  à la fosse septique, de la fosse septique au "tout à l'égout", ne s'est pas fait en un jour, la modernité est arrivée à Prinçay, il y a deux ans !



Un petit poème pour finir ! 

Vous qui venez ici dans une humble posture,

Débarrasser vos flancs d'un importun fardeau,
Veuillez, quand vous aurez soulagé la nature
Et déposé dans l'urne un modeste cadeau,
Épancher dans l'amphore un courant d'onde pure,
Puis, sur l'autel fumant, placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi dont l'auguste jointure
Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau.


Emmanuel Arago 
Poème envoyé à George Sand par son fils Maurice Sand. 

lundi 26 juin 2017

V comme Vignerons d'#Availles86 #ChallengeAZ


Pas une vieille maison d'Availles sans son tonneau de souvenirs !
 Le grand-père SARRAZIN de Prinçay reste célèbre pour sa cave dans laquelle il offrait un p'tit verre de son cru aux messieurs tandis que leurs dames étaient en face à la messe !
Si on ne s'étend pas sur la qualité du breuvage, on loue les vertus de bonne humeur qu'il engendrait !
Le vin était pressé à la ferme, le pressoir arrivait en charrette se souvient le p'tit-fils du producteur local.
Certains curés de nos paroisses furent bavards sur les vendanges. Le vin est souvent à l'honneur du bilan de l'année, lorsque le curé nous offre cette mise au point. Mais hélas, rien sur les vendanges dans les registres paroissiaux de Prinçay !
Pour avoir une idée de l'exploitation de la vigne à Availles, reportons-nous aux statistiquse agricoles des années 1940. Le village compte environ 606 habitants (recensement 1936) et 73 producteurs de vin ! Parmi eux, 13 veuves. Si trois exploitations s'étendent sur 1 à 2 hectares, la plupart des vignes ne  font que quelques ares (30 à 60) 10 ares pour les plus petites (6 exploitations déclarées). La plus petite parcelle fait 6 ares .
Où étaient les vignes ? Dans les bois vers la Thomassinière pour les gens de Prinçay, vers Ternay et pour les autres hameaux ? Je compte sur vos souvenirs !
Au total 558 Hl sont produits (du rouge, du rosé et du blanc moins souvent): 441 Hl en production familiale et 117 Hl à la vente.
La plus petite production est de 2 Hl, la plus importante de 78 Hl
On réserve à l'usage familial jusqu'à 10 Hl, au delà le vin est vendu.
La mémoire du village raconte les vendanges, les échanges de vendangeurs, la participation des enfants, la fête de cette période de l'année.


Je n'ai pour le moment qu'une seule photo de vendanges au village dans les années 70 ? Reconnaissez-vous la plus belle vendangeuse de Prinçay  ? Et en arrière plan, la grand-mère Sarrazin et son regard sévère !

Quelques patronymes des Viticulteurs d'Availles.
ANTIGNY , ARNAULT, BEAUVAIS, BECOGNEE , BEGEAU , BIET,  BLANCHARD ,  BODIN , BOUCHET ,  BROSSIER , CANTIN, COGNEE ,COMTE,  CONGOURDEAU, CRUGEON ,  DUBOIS  GALIPEAU Marie, GARDIEN Jules, GAUTHIER Eugène, GENINET Fernand, GENINET,   GIRAULT , HENNETEAU , JOSEPH , JOSEPH , JOSEPH , LABROUSSE , LANTZ , LAROCHE  , LEPINE , LE ROUX , MAINGAULT , MARTIN , MARTN ,  MICHAUD , MIREBEAU , MIREBEAU , MONDON ,  MORICET , NAUDIN , PAJARD , PELTIER ,  PIGNON  RABEAU , RIBE , RICATEAU , RION , ROY , SARRAZIN,  SENECHAULT , SERREAU, SIMON SIMONNEAU , THIOLLET , THOMAS ,TOUZALIN , VENAULT , VITAL

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Le témoignage de Jacques : Camille LAROCHE vigneron des Nauds. 

Aujourd’hui disparue, la vigne de mon grand-père Camille LAROCHE se trouvait au bout de l’impasse des Nauds.
La vigne (1) couvrait  environ 2000m2, c’était du rouge, bachot de mémoire. Camille y faisait du vin de table qui était loin d’être un grand cru. Toutefois, son vermouth était apprécié de toute la famille, j’en ai encore la mémoire du goût. Bien entendu, aucun export vers les Etats-Unis, la consommation était uniquement familiale.
La vigne demande un soin constant et même s’il habitait ensuite à Châtellerault (travaillait à la Manu), il venait très souvent à Availles. Les seuls travaux qu’il n’effectuait pas seul étaient le labour ; grâce à monsieur PAJARD (cité aussi comme vigneron) qui lui prêtait son âne.  Les vendanges donnaient l’occasion de réunir la famille LAROCHE, HENNETEAU, MICHELET et DURAND. Que de bons souvenirs ; après la matinée de récolte, le repas étaient préparé par les femmes et servi dans la grange (4). Une grande table revêtue de vieux draps blancs était constituée avec tréteaux et planches.

Après le repas, nous les enfants, filions à l’anglaise dans les champs alentours pour nous amuser. C’est ainsi que j’ai fumé ma première cigarette, un cousin nous ayant appris à en confectionner avec du papier journal et de la barde de maïs, une horreur vite abandonnée.

Pendant ce temps, tout le monde s’activait, l’oncle Hubert MICHELET à la hotte, le grand-père au pressoir (2), plus tard, le vin était stocké dans la cave  (3). Belle cave voûtée toujours en bon état.
La maison (1) n’existe plus. A mon grand regret je n’ai  même pas une photo.

Camille LAROCHE vieillissant a cédé l’ensemble à sa nièce Eliane HENNETEAU qui y vit toujours. La vigne a été arrachée, il y a longtemps déjà, mais j’ai plaisir à revenir aux Nauds et me remémorer.

Vient ensuite la nostalgie…
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Le témoignage de Régis sur le vin de Georges Alfred SARRAZIN : 
Le bon curé Longer était un consommateur, pour son vin de messe, de la production du vin blanc dit vin de messe, par le grand père. La production venait de la vigne à Madame au lieudit les Ballottes. Différents cépages le  noa (vin interdit depuis) et d'un cépage "rayon d'or"  raisin de bouche. lui donnaient un gout très particulier très apprécié des consommateurs. Entre deux et trois barriques annuelles. 
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Le témoignage de Marie-France sur le vigneron Ernest MARSAUD :

Parmi les "vignerons", il y avait mon grand-père Marsaud Ernest qui cultivait une assez grande surface à la Thomassinière et faisait appel aux gens du village pour l'aider dont Monsieur Lépine. 

samedi 24 juin 2017

U comme Série 2 U Availlais aux Assises #AD86 #ChallengeAZ


La passion du polar, ça commence jeune, parfois très jeune, et va savoir où ça mène ?
"Chaque assassin est probablement le vieil ami de quelqu’un", nous dit la grande Agatha. Une phrase qui prend tout son sens au village lorsque le crime s'invite dans les chemins ou les granges. Voyons aujourd'hui la part sombre d'Availles contenue dans  la série 2 U des Archives Départementales de la Vienne . Dans la période qui nous occupe, le XIXème siècle, aucune grande affaire criminelle n'a bouleversé notre commune, seuls quelques petits voleurs, quelques faussaires ont suscité les regards, les chuchotements. Globalement il a toujours fait bon vivre à Availles.
La Cour d'Assises de la Vienne commence sa carrière en 1811, et siège à Poitiers une fois par trimestre. Le fond 2 U comprend les dossiers de procédure et les arrêts de condamnation des affaires criminelles du département. Un formidable travail de dépouillement a été mené par les archivistes de Poitiers. Il a abouti à un fichier consultable en ligne, qui permet de retrouver les inculpés de la Cour d'Assises par patronyme, date du procès, inculpation,  lieu du crime, référence du dossier. L'outil rêvé !
Les dossiers sont nominatifs de 1811 à 1901 et sans mention des inculpés de 1952 à 1986. Pour ce domaine sensible, nous n'explorons pas au delà du XIXème siècle.
Que nous apportent les dossiers d'instruction ?

  • Les circonstances de l'arrestation
  • La description de l'inculpé
  • La description du crime
  • Les interrogatoires de l'inculpé et des témoins
  • Les liens de tout ce petit monde au sein du hameau, du village
  • La liste des témoins, la liste des jurés, la déclaration du jury, l'arrêt de condamnation. 

Qui sont nos petits criminels Availlais ?

  • SAINTON Jean - 16 messidor An 13 - vol - 2 U 605 (série 2U avant la cour d'assises)
  • CAMUZARD Jean - 10 novembre 1818 - vol - 2 U 539
  • DEGENNE Jean - 29 février 1828 - Faux en écriture  privée - 2 U 1500
  • BAUDEAU Augustin - 18 novembre 1835 - Vols divers - 2 U 1521
  • DENIAU (épouse BAUDEAU ) Jeanne - 13 mai 1840 - Vol de bois - 2 U 1545
  • MARTINEAU Charles - 9 mai 1848 - Faux en écriture privée - 2 U 1585 
  • BUSSEREAU Charles - 12 aout 1850 - Vol qualifié - 2 U 1599
A cette liste, il faudra ajouter les petites affaires criminelles concernant des inculpés nés à Availles, mais ayant commis leur méfait sur une autre commune, ils nous échappent encore ! Si vous avez une petite idée faites signe ! Il faudrait sans doute explorer les dossiers des villages alentour et vérifier l'etat civil de l'inculpé. 
Chaque dossier de procédure fait l'objet d'une attention particulière, d'une lecture complète, d'un regard à la fois intéressé, étonné et indulgent. Il ne s'agit pas de juger, c'est déjà fait. Il s'agit de comprendre, d'apprendre, de s'étonner et de partager. Bref. Comme vous avez pu le constater pour les petites affaires criminelles que nous avons raconté dans les bulletins municipaux, sur ce blog ou au Bistrot Patrimoine,  l'équipe  d'Availles ouvre l'oeil de la Police en toute impartialité. 
Il nous reste quelques affaires à comprendre, elles ont sans doute beaucoup à nous apprendre. 
L'affaire BAUDEAU est confiée à Mado, l'affaire DENIAU est confiée à Martine. Nous voilà déjà avec deux lettres du #ChallengeAZ de 2018 ;)
L'affaire SAINTON est dans les pattes de la sorcière.
L'affaire BUSSEREAU cherche toujours sa Miss Marple ou son Sherlock Holmes. 
L'affaire MARTINEAU a failli nous échapper ! Mais le faussaire qu'il semble être sera menotté au prochain passage aux AD86. 
Vous voulez adopter un petit criminel ? N'hésitez pas ! Venez travailler avec nous sur les dossiers de justice. C'est une expérience d'archives passionnante, dans laquelle on se surprend à s'attacher, s'investir, se révolter ! 




vendredi 23 juin 2017

T comme au Tableau avec la Série 1T 2 des #AD86 ! #challengeAZ #Availles86




22 juin 2017, Canicule toujours. Un jour à se réfugier aux AD86 ou comment conjuguer patrimoine et plan canicule.
Nous avons poursuivi l'exploration de la Série 1T 2 à la recherche des instituteurs de l'école d'Availles. La tâche est longue et parfois frustrante. Tous les instituteurs répertoriés au fur et à mesure des recherches (registres d'état civil, recensements, histoire de l'école) ne bénéficient pas d'un dossier (peut-être faudra-t-il chercher encore, ailleurs, mieux). Néanmoins lorsqu'il existe celui-ci nous donne de précieux renseignements sur leur parcours, l'évaluation de leur travail et de leur école. Une mine d'informations sur le village et les écoliers.
La série 1T est classée par ordre alphabétique. Chaque boite est explorée en totalité, au delà de l'instituteur ciblé, à la recherche des enseignants méconnus du village.
Nous faisons ainsi la connaissance de Pierre LEFORT.


Celui-ci est né le 13 avril 1813 à Andrezé en Maine et Loire. Il obtient son brevet simple le 2 septembre 1833 à La Roche-sur-Yon. Puis une mention honorable en 1851.
Marié à Marie-Estelle GIRARD, il est père d'un garçon. Il enseigne successivement à Saint-Sauveur, Montmorillon, Loudun, Ceaux, Saint-Martin l'Ars, St Georges puis Availles à partir du 2 septembre1874.
Le rapport d'inspection fait à l'école d'Availles le 23 juin 1876 nous donne les informations suivantes :


  • Notre instituteur âgé de 63 ans a 26 ans de service. 
  • Il est marié et père d'un fils de 21 ans; 
  • La population de la commune est de 735 habitants
  • 115 enfants sont en âge de fréquenter l'école. 
  • Sur les 66 enfants inscrits à l'école, 47 sont présents le jour de l'inspection dont 19 élèves gratuits. 
  • Aucun enfant au-dessous de 6 ans. 
  • L'école est mixte, mais il devrait y avoir une école de filles. 
  • Le registre matricule n'est pas en ordre, le registre scolaire est mal tenu, de même que le journal. 
  • Le registre des abonnements compte 43 abonnés. ? 
  • L'appréciation de l'inspecteur sur la capacité , la conduite , les principes religieux de l'instituteur , ses rapports avec les autorités locales et les familles, la considération dont il jouit :
    • Conduite : bien. 
    • Considération : peu
    • Capacité : une maladie, dont il a été atteint dernièrement lui a enlevé une partie de ses facultés mentales. 
    • Zèle : s'en va. Plus du tout dans la tenue des registres scolaires. 
    • Relations : bien
    • Tenue : le paletot. 
  • Soins donnés à l'éducation : passable
  • Tenue générale de l'école et moyens disciplinaires :
    • ordre : manque
    • Exactitude : à 1H1/2 on n'était pas encore rentré
    • Assiduité : 21 sortis pour 87 ; 19 absents sur 66
    • Propreté : assez bien
    • Discipline : faible
    • Politesse : assez. 
  • Enseignement 
    • Instruction religieuse : bien
    • Lecture : mal, aucune amélioration
    • Ecriture : 17 garçons et 10 fille ne peuvent rien écrire au tableau noir
    • Langue française : médiocre
    • Calcul et système métrique ; idem
    • Histoire et géographie : Point d'histoire. 2 filles et trois garçons ont vu de la géographie. 
    • Travaux à l'aiguille : assez bien
    • Matières facultatives : assez bien
    • Enseignement agricole ou horticole : assez bien
  • Appréciation générale et valeur de l'établissement : Cette école va de plus en plus mal. M. Lefort ne peut pas être laissé plus longtemps dans cette classe nombreuse. 
  • Nom de la maîtresse des aiguilles : Mme LEFORT

Suivent la description de la salle de classe, du logement du maître et de l'école. La cour est fermée, le préau couvert, la classe à blanchir. On a réparé le soupirail de la cave. 
Un inventaire est fait du mobilier scolaire : 10 tables, 4 bancs, 4 tableaux noirs, 1 boulier, 1 (carte) Europe , 1 France bonne , 1 autre France neuve, 1 Vienne par Longuemar bonne, 1 France, 1 Europe, 1 mappemonde sur toile, ??? vieilles, 1 mètre de ??? , 1 horloge 
Liste des mobiliers qui manquent : 3 tables, 2 tableaux noirs, un nécessaire métrique, 1 globe géographique, 1 autre matériel de lecture, des lettres mobiles, le plan de la commune, les cartes du canton, de l'arrondissement, une cloche. 
Il n'y a pas de bibliothèque. 
Le curé de Prinçay ne fait pas la classe chez lui. 



Dossier complet et synthèse à venir avec l'ensemble des instituteurs retrouvés et l'évolution de notre école au fil de son inspection académique ! 


Source AD86 Série 1 T 2 79 





jeudi 22 juin 2017

S comme Santé à #Availles86 #challengeAZ




21 juin 2017, canicule. Si on en profitait pour prendre la température du village et parler un peu Santé. 



Voici notre plus belle archive insolite sur le sujet. Elle date du XVIIème siècle. 

Le 25ème jour de mai mille six cent quatre-vingt
est décédé Jean Guiot, qui a reçu tous les sacrements
après avoir été paralytique et dépourvu de l'usage
de tous ses membres à la réserve de la langue et de son
jugement l'espace de seize ans et est inhumé dans le cimetière de céans. 
René Fradin. 

Que pouvons-nous lui faire raconter de plus ?
 Jean GUIOT s'est marié avec Vincente GAUVAIN, le 10 Juillet 1633, à Availles. Cet acte de mariage est réduit au minimum. Il ne nous apprend rien de plus, sinon que personne ne signe. La condition sociale des mariés est peut-être modeste, bien que les GAUVAIN fassent partie parfois des VIP de chez nous ! 
Comme il est d'usage à l'époque, nos tourtereaux, lorsqu’ils convolent, ont probablement plus de 25 ans. On ne se marie pas jeune au XVIIème siècle, c'est une manière d'assurer la survie de la famille en prêtant ses bras et c’est également une méthode de régulation des naissances...
Ensemble, Jean et Vincente  auront, sept enfants (4 filles et 3 garçons) entre 1635 et 1658, soit 23 ans de fertilité.
Les naissances se suivent régulièrement avec un intervalle de 2 à 6 ans entre chaque petit.
Vincente met au monde son dernier enfant à l'âge de 48 ans. Quelle santé ! 
Nous ne savons rien du métier de Jean GUIOT/GUYOT
Sa paralysie survient 16 ans avant son décès, nous dit le bon curé Fradin. Soit en 1664. Jean GUIOT , 56 ans, se retrouve paralysé des quatre membres alors que le plus jeune de ses enfants n'a que 6 ans.
La vie se complique pour cette famille. 
Vincente, épuisée sans doute, meurt, 9 ans plus tard, à l'âge de 60 ans.
 Le petit dernier de la famille a alors 15 ans. 
Les ainés sont là, solidaires pour leur frère, pour leur père. Forcément solidaires. La date de son décès, mais aussi le détail de cet acte de sépulture, le ton solennel du curé, l'importance qu'il apporte à  partager le détail de cette âme sauvée, nous donne la mesure du dévouement de cette fratrie.

Jean GUIOT, peut-être victime d'un accident vasculaire cérébral, ou d'une mauvaise chute, paralysé des quatre membres, mais ayant gardé toutes ses facultés mentales et l'usage de la parole, meurt à l'âge d'environ 72 ans.
Après seize ans d’une survie exceptionnelle face à un problème de santé d'une telle gravité.
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Les registres paroissiaux et d'Etat Civil nous livrent aussi les morts en nombre, les épidémies, Certains évènements concordent avec des catastrophes connues à l'échelle régionale ou nationale. Voici les années de grande mortalité à Availles. 
1631 – 47 morts (Peste  et famine )
1652 – 51 morts (épidémies peste, choléra, variole, typhus)
1662 – 50 morts (Famine)
1681 – 31 morts
1694 – 30 morts (Froid, famine)
1702 – 32 morts
1710 – 22 morts (Froid)
1738 – 31 morts (mauvaises récoltes, disettes)
1834 – 31 morts (Choléra)
1840 – 28 morts
1871 – 32 morts. ( Variole)
Etc…
A noter : Mortalité moyenne selon les siècle de 7 à 12 décès par an. Population de 500 à  750 habitants environ entre le 17ème et 19ème siècle. 


1871 épidémie de variole à Availles ! 
23 cas répertoriés dont 9 enfants – 14 décès dont 7 enfants.
32 décès dans la commune cette année-là.
Epidémie apportée par les soldats revenus sur Châtellerault.
Face à ce problème sanitaire, décision de translation du cimetière. Il sera construit en dehors du village, à l’écart des habitations.
Source AD86 Série 4 M 160
La série 4 M n'a pas fini de nous raconter la santé à Availles. 

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 La météo prend sa part à la santé du village. 

23 décembre 1662 Louis DUDOIGT paroissien de St Jehan de Chatellerault est trouvé mort dans la neige le long de l'Ozon

(AD86/Availles-en-Chat/S-1629-1687-Vue 18)
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La longévité s'affiche dans les détails, même au XVIIIème siècle 

Le sixième Janvier mil six cent soixante dix huit
est décédéee Jeanne MARQUET femme de deffunt
Melaine FRADIN aagée de quatre vingt huit ans et
quatre mois et est inhumée dans l'église de céans
proche le confesionnal
René FRADIN. 
Jeanne MARQUET est peut-être née 
le 6 septembre 1589 !

Aucune étude statistique encore à notre disposition, mais on semble vivre vieux et bien au village d'Availles ! 

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Que serait la Santé sans le Social ? 
Au XVIIème, au XVIIIème siècle, il n'y a pas de médecine. La longévité tient au hasard, celui d'être passé entre les gouttes des maladies, des accidents, les plaies infectées. 
Vivre longtemps ne tient qu'à une multiplication de coups de chance. 
D'ailleurs c'est assez rare. 
Le XIXème siècle commence à se préoccuper de la misère et de la santé. 
Les délibérations de Conseil municipal nous apprennent que c'est le village qui s'occupe des vieux, des indigents, des malades. La médicalisation progresse doucement. On envoie à l'hopital puis exceptionnellement à la maternité de Poitiers ! Avant la Sécu, il faut payer, et bien souvent le Conseil municipal délibère pour choisir d'aider ou non, tel ou tel availlais en difficulté. 
On aidera les femmes enceintes, puis les familles nombreuses. Quelquefois ces aides obéissent à des directives nationales, quelquefois l'initiative est communale. 
Viendront les premières campagnes de vaccination, le BCG à l'école, les timbres contre la tuberculose, les campagnes contre le tabac, l'alcool. 
On finira même par créer un bureau de bienfaisance à Availles... en 1910 ! 

Source AD86 série 2X6


De l'AVC de Jean GUIOT à l'installation d'un DAE (Défibrillateur Automatisé Externe) au village, cinq siècles d'avancées médicales et sociales se racontent !  


mercredi 21 juin 2017

R comme Reines, Roy et Rentiers d'#Availles86 - #ChallengeAZ


L'alphabet s'égraine doucement, nous voilà arrivés au R, la rédaction se fait toujours au jour le jour, et parfois un peu tard le soir. C'est le charme de ce challenge de laisser place aux associations d'idées de dernière minute, en piochant dans notre patrimoine : les photos, les documents, les ressources d'archives, les patronymes du village.

Honneur aux Dames. 
Les Reines d'Availles sont, bien sur, celles qui trônèrent sur les chars !


Voici la fête des vendanges, à moins qu'il ne s'agisse de celle des fromages ? Vous trancherez, chers Availlais, car vous n'êtes pas tous d'accord. Il semblerait que la Reine de la fête soit LULU !!!! La Lulu la plus célèbre d'Availles serait dans ces années-là ( quelle année ? 1950 ? Avant ? ) Lucienne LEGER et à coté nous aurions Simone VALET ?















En voilà une autre qui pour le moment reste anonyme. 
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Les reines ne sont pas toujours épouses de princes héritiers...


 Et pourtant ce ne sont pas les ROY qui manquent au village. Voici Jean-Joseph, né le 31 décembre 1867 à Availles-en-Châtellerault. Ce ROY là fut toute sa vie...Domestique. Ses ancêtres se perdent du coté d'Archigny et de Chenevelles.
Des ROY d'Availles nous en trouvons jusqu'au XVIIème siècle dans nos registres. Le plus ancien est une reine d'ailleurs, Anne ROY décédée au village, le 28 février 1652.
Reste-t-il encore des ROY à Availles ?

Au royaume d'Availles, combien de rentiers ? 
Ce sont les recensements de population qui nous livrent les nantis. Nous avons la chance, de bénéficier aux AD86, d'une indexation collaborative. Mon p'tit doigt me dit qu'une insomniaque a beaucoup oeuvré pour notre village. Voilà le résultat de la recherche par profession !

Les DEGENNE, les FONTENY, les TEXIER, les GRANDIN, les PIORRY bien sur, les FURGER, les GIRAUDEAU, les ROUX, les MORIN... mais pas de ROY !

Par contre, cette liste nous donne l'occasion d'une première participation exclusive au dernier jeu en vogue chez les généabloggeurs. Ceux qui suivent le #challengeAZ sur Twitter ou sur Facebook sont au courant, il s'agit de l'opération :

Adopte_un_pépé_éponyme ! 
Nous tenons le premier !!! 

Il s'agit de Jean FENEANT  né en 1780 et toujours rentier à l'âge de 76 ans !! Il vivait aux Bouzereaux ! 


Bon courage travailleurs d'Availles et d'ailleurs et à demain ! 

mardi 20 juin 2017

Q comme coQ d'Availles #challengeAZ



Q comme coQ illustré aujourd'hui spécialement pour le #ChallengeAZ  par Marie-France, native d'AVailles. 
Ce Challenge est collaboratif, qu'on se le dise ! 
Ceux qui suivent les Bistrot-Patrimoine commencent à le savoir. Quel que soit le thème, j'aime partir de l'archive la plus ancienne à notre disposition.
Le coQ est emblématique d'Availles. Nous le retrouvons en deux lieux clés/sacrés : le bistrot et l'église :)
Commençons par l'église. Au sommet du clocher se trouve un coq. Depuis quand ? Et bien depuis belle lurette, figurez-vous,  si nous en croyons l'archive retrouvée au hasard d'une lecture de registre paroissial (on ne louera jamais assez les bienfaits de la sérendipité).

Le vingtième dudit mois (aout 1676) le feu du ciel a tombé sur
le clocher de cette église, a fracassé presque toutes
les ardoises et n'a pu estre esteint que par l'eau
benitte que Michel Grabot et Jean Taisson paroissiens
y ont porté au lieu où le coq est attaché et le
rétablissement en a esté fait quinze jours après.
Fradin Curé d'Availles.

Au XVIIème siècle notre petite église d'Availles avait un coq au sommet de son clocher. Clocher qui, je vous le dis en passant, n'était pas du tout à l'endroit où il se trouve actuellement, mais en plein milieu de l'église. Ceci est un autre sujet, aussi étonnant que passionnant, sur lequel nous reviendrons plus tard. Cette translation fut-elle l'occasion de changer le coq en 1868 ? Le journaliste de la NR semble le dire,mais je n'ai pas trouvé l'archive qui le prouve.

De 1868 à 1987, le coq vit sa vie au sommet de Notre Dame.
Ce challenge est collaboratif vous dis-je. Les coupures de presse confiées par Michel, viennent raviver notre mémoire.


En 1987, le conseil municipal, avec l'aide du Conseil Général, décide d'engager des travaux de réfection du clocher. Il est alors décidé de remplacer l'ancien coq qui avait de plus en plus de mal à indiquer correctement le sens du vent. Ce coq remplacé lors de la translation du clocher avait servi pendant la Grande Guerre de cible à certains  pour l'essai de leur Lebel, il était transpercé en plusieurs endroits et menaçait même de faire un saut très dangereux de plus de 26 mètres. Le maire se mit en quête d'un nouveau coq et c'est M. Louis de l'entreprise PLI METAL qui se chargea de le forger . L'abbé Fouillet procéda à la bénédiction en faisant lecture d'un poème de sa composition :
"Seigneur... Daigne bénir ce coq en métal destiné à être monté au sommet de notre clocher pour nous donner tous les jours le sens du vent. Fais, nous t'en supplions, que le bon vent de l'amour et de la fraternité, le bon vent de la paix et de la joie souffle toujours sur les chrétiennes et chrétiens d'Availles..."
Et bien sur tout ça se termina par un vin d'honneur !


A force d'invoquer le vent, il a fini par tourner et le clocher a bien failli en perdre la boule ! L'article n'est pas daté, mais l'affaire se situe entre 1989 et 1990. "Le coq surplombant le clocher du village d'Availles avait provoqué par ses balancements vertigineux dus au fort vent de ces derniers jours, la désolidarisation d'une partie des pierres du sommet du clocher."
Les pompiers tentent une première fois de descendre le coq. Peine perdue, le vent n'est pas d'accord, on se met à l'abri. Finalement la seconde tentative sera la bonne grace à Monsieur Boucq qui s'était chargé des travaux, deux ans plus tôt, et finit par réussir à maitriser la bête  !!
Après consolidation du clocher, on finira par rendre son Coq à Notre Dame !!! 
Je suis certaine que vous ne manquerez pas de m'aider à préciser la généalogie du Coq d'Availles ! 



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Et notre Coq Hardi depuis combien de temps veille-t-il sur  sa cabaretière et nos conversations de bistrot ? 
Je n'ai pas la réponse. 
Qui a eu l'idée ? Quand ? Pourquoi ? 
J'en appelle à vos souvenirs et à vos témoignages. 
Jusqu'à la seconde guerre mondiale, notre bistrot ne semble pas porter de nom, en tous cas, il n'est pas mentionné. On distingue alors les différents établissements soit par le nom de leur propriétaire (Salle Hilleret, café Léger) soit par le lieu (la Thomassinière, Prinçay, le bourg). 
Si vous avez des indices, je suis preneur ! 
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Sources :
AD86 - Registres paroissiaux
AD86 - Série 2 0 - Travaux du clocher
Collecte et Mémoire des Availlais. 

lundi 19 juin 2017

P comme Patronage d' #Availles86 #ChallengeAZ



Grandir à Availles c'est passer ses jeudis au patronage ! Pas une conversation de collecte de mémoire sans évocation de ces beaux jeudis récréatifs ! Deux générations d'Availlais ont bénéficié des bienfaits des petites soeurs de Prinçay : Marguerite la plus petite et Madeleine la plus grande.
Au patronage, on jouait au ballon, au raquettes, on faisait de la balançoire (la balançoire est bricolée avec une échelle), on donnait un coup de main aux petites soeurs, on jouait la comédie (il y avait un théatre au presbytère de Prinçay), on partait en promenade. On se déguisait, on se faisait beau, on mettait l'uniforme, on riait et on obéissait.
Beaucoup de moments de joie pour les enfants du village et autant d'occasion de mixité sociale, car au patronage tout le monde y allait !

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Voici la photo confiée la semaine dernière par Monsieur BERTON qui nous a gentiment identifié presque toutes les participantes. Monsieur BERTON est un jeune homme de 97 ans. 
1er rang en bas de Gauche à droite : Soeur Marguerite, Gilberte SIMON (?), Ginette LEPINE, Yvette MORICET, Gilberte SIMON (?), Madeleine LEPINE (née BOULINEAU), Madeleine BEAUFILS (née BONNEREAU), Odette TRAIN, Soeur Madeleine
Rang 2 :  ? , Jacqueline GRATEAU, Jeanine GIRAULT, Lucienne RIBES (née PREVOST, ? , Madeleine RIBES (épouse LEPINE), Marcelle MORICET, Veuve LEREQUE.
Rang 3 : ? , Paulette DEBAIN, Madeleine VITAL,  Marcelle MORICET
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Vous retrouverez bientôt, un fichier pdf complété avec toutes les photos du patronage et les identifications établies. 
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Soeur Marguerite et Soeur Madeleine 


Comme dit le poète : celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas...
Tous adoraient Marguerite et Madeleine, les petites soeurs de Prinçay.
Marguerite, la plus petite, la plus douce. Madeleine la plus grande et la plus sévère.

Quelques anecdotes autour des petites soeurs :
  •  La pompe du puits du presbytère de Prinçay : Les petites sœurs de Prinçay demandaient aux enfants qui venaient le jeudi et le dimanche au patronage, de manœuvrer la pompe (c’était trop difficile pour elles) et ainsi le bassin était plein pour les jours qui suivaient. (Source - Alain D et Thierry L)
  • Laurent BERTON, 97 ans, me racontait hier que les petites soeurs étaient bien inquiètes à l'arrivée des allemands dans le village et qu'il partit dormir quelques jours au presbytère pour leur assurer protection !  
  • Après avoir longtemps parcouru les chemins en carriole, elles finirent par adopter la mobylette pour livrer leurs bons soins de maison en maison avant de trouver un chauffeur pour leurs vieux jours
  •  La bague, l'âne et l'ancêtre. La mémoire orale se souvient que l'âne des petites soeurs se nommait "Gazelle". 
  • Pour fournir aux petites soeurs une voiture et un âne, une souscription est ouverte qui réunit de nombreux donateurs ! 

"Sœur Marie-Marguerite, la petite sœur de Prinçay.
On apprenait la semaine dernière le décès de Sœur Marie-Marguerite, survenu au sein de la petite communauté de Leigné-les-Bois.
La nouvelle aura profondément marqué les habitants d’Availles-en-Châtellerault, Sœur Marie-Marguerite, en effet résida pendant de très longues années dans la petite paroisse de Prinçay (qui fait partie intégrante d’Availles) avec une autre religieuse qui était aussi sa sœur par le sang et qui est décédée il y a déjà plusieurs années, sœur Madeleine.
Marie-Marguerite était boulotte ; sœur Madeleine était grande. Comme elles se déplaçaient toujours de conserve, il était déjà amusant de relever cette dissemblance. Le pittoresque de la situation provenait surtout du fait qu’elles avaient comme moyen de locomotion une petite charrette à âne. C’est ainsi (du moins dans les débuts) qu’elles portaient leurs secours aux malades, avec un inlassable dévouement.
Leur mission ne se limitait pas là, puisque, profitant de l’existence à Prinçay, d’une salle des fêtes, elles jouèrent longtemps un rôle d’animatrices, en organisant le patronage pour les jeunes et des séances théatrales avec les adolescents.
C’est l’abbé LONGER, célèbre curé d’Availles, qui, au départ du desservant de Prinçay dans les années 30, les avait installées dans les locaux du presbytère (propriété de la famille TREUILLE à l’époque). Avec beaucoup de zèle, elles relayaient son propre ministère  et y ajoutaient, ainsi que nous l’avons dit, une note pittoresque qui avait beaucoup contribué à les rendre populaires.
A l’heure de la vieillesse, elles avaient trouvé en la personne du commandant Pierre HUGUET, un chauffeur tout à leur dévotion. Il n’était pas rare de voir l’ancien chef des pompiers de Châtellerault, homme d’une grande droiture mais qui n’était cependant pas un pilier d’église, se promener dans les rues de Châtellerault en compagnie des deux religieuses, qu’il avait prises d’amitié.
Sœur Madeleine et sœur Marguerite dépendaient de la petite communauté des « Ancelles rurales du Saint-Sacrement » de Léigné-les-Bois, fondée par Marie SAIVEAU une fille de cette commune qui, bouleversée par un chagrin d’amour, se découvrit l’étoffe d’une fondatrice. La petite communauté aujourd’hui prise en charge par un groupe de dominicaines, ne compte plus que deux sœurs très agées.
Après sœur Marguerite, ce sont les deux dernières survivantes."

La date manque hélas à la coupure de presse, et l'enquête n'a pas avancé quand à la biographie exacte de ces deux personnages du village. Marguerite est morte dans les années 80, puisque j'ai eu le plaisir de la rencontrer au tout début de ma rencontre avec mon futur épousé. J'étais loin à l'époque d'imaginer l'intérêt que je porterai à la vie d'Availles, si j'avais su, j'aurais été bien plus curieuse !


Sources :
Archives Diocésaines
Collecte de documents - Mémoire des Availlais.