vendredi 29 mars 2013

La Croix Fleuriau - Prinçay

Pour l'amateur des Bois, elle est un incontournable lieu de promenade.


Elle est nommée Fleuriau sur le cadastre de 1810,
Fleurioux sur le suivant, allez savoir pourquoi, certains la nomment Furiot ou Fleuriot.
D'Availles à Prinçay, tout le monde sait qu'à cet endroit sont morts un ou plusieurs enfants,
 noyés dans une des fosses laissées par l'extraction de la pierre meulière que l'on trouve par chez nous et qui transportée jusqu'à la Vienne, fit les moulins du royaume.

La moulière extraite, la nature reprend ses droits, les arbres s'installent, l'eau stagne, la vie et la mort se cotoient.

Qui ? Quand ? Combien ?
Petite enquête généalogique.
En Octobre 1753, un autre drame se joue au même endroit, exactement.  Les documents qui en attestent nomment ce croisement de chemins,  la "Croix Fleuriau", confirmant ainsi l'orthographe du lieu. Il nous faut donc chercher patiemment plus avant dans les registres.

La tâche n'est pas bien difficile, il y a peu d'actes pour les Fleuriau, tous concentrés entre 1677 et 1717.


 C'est l'âme de la petite Jeanne Fleuriau  7 ans, qui dort dans les Bois de Prinçay.
Elle s'y noit sans doute la veille et sera inhumée le 13/09/1717.
Aucun autre enfant n'est mort ce jour-là, ni à Prinçay, ni à Availles, ni à Asnières, paroisses environnantes. Jeanne est probablement la seule victime de ce drame.
Ce n'est pas une petite paysanne ordinaire.


 Elle est née à Prinçay le 14 Octobre 1710.


Son père est Pierre Fleuriau et sa mère Catherine Chevallier, ils se sont mariés à Chatellerault et sont fils et fille d'huissiers, ils signent tous deux le registre.


A cette époque lointaine, les douleurs s'apaisaient-elles déjà dans les chemins sombres et solitaires qui mènent à une croix ?
Il arrive parfois que le sort s'acharne, hier encore bien plus qu'aujourd'hui.
Moins d'un an avant la naissance de Jeanne, Pierre et Catherine perdaient leur premier enfant, Renée, à un jour de vie. Je ne leur retrouve pas d'autre enfant.
Au petit bouquet sylvestre retrouvé lors d'une promenade matinale au pied de la Croix, il me plait à penser que la p'tite Fleuriau n'est pas la seule belle âme à protéger ce lieu, celle toute récente d'un jardinier amoureux de ces chemins l'accompagne sans doute.

Voilà la Croix telle qu'elle était avant la seconde guerre mondiale. Combien de fois a-t-elle été remplacée ?Personne ne sait. Le bulletin municipal de 2002 nous apprend que démolie après la guerre, elle sera réinstallée quelques années après et bénie en 1995 par le curé Bucco en présence du maire Jacky Peltier et des habitants du village.
40 ans après la mort de Jeanne, un autre drame va se nouer par une nuit d'Octobre au même endroit, une histoire qui fit grand bruit, bien au delà de Prinçay, mais ici, personne ne s'en souvient... A bientôt.
Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

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