lundi 15 avril 2013

Mourir à Prinçay. Histoire du cimetière


Le cimetière de Prinçay affiche complet.
Une procédure est par conséquent en cours afin de reprendre les concessions laissées à l'abandon.
Trente tombes sont concernées.
Ne vous précipitez pas pour autant, seuls les  habitants du hameau ont droit à l'inhumation dans ce p'tit paradis sous terre ;-)
Un p'tit tour photographique afin de garder une trace et un état des lieux des tombes concernées.

La tombe la plus ancienne encore identifiée est celle de Madame Léonie 
 Fournier née Cognée Léone (emplacement 15) décédée le 02 Avril 1878.
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Bientôt viendra la p'tite histoire des cimetières de Prinçay, documents à l'appui, trouvés aux Archives.
En attendant, histoire d'écrire au jour le jour la vie de ce p'tit hameau, ancienne paroisse puis commune, voici le plan du cimetière avec les tombes concernées, et un diaporama pour garder celles-ci en mémoire....




Patronymes retrouvés : Colombeau, Petit, Chainet, Fonteny, Maille, Alexandre, Marnay, Caillault, Rabier, Adhumeau, Nedeau, Pageard, Cognée, Caillé, Tranchant, Augereau, Dubois, Bajou, Guillot, Roux.


Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !





L'année du bicentenaire,
un coup d'pioche malencontreux porté dans une petite cour de ferme par une parisienne fraîchement promue sorcière prinçaysse multipare réveilla les âmes pré-révolutionnaires qui sommeillaient tranquillement sous les vieilles pierres. La ferveur généalogique n'était pas encore née,  mais l'hypothèse  d'un ancien cimetière sous la tablée des Cousinades fut émise.
Restait à la confirmer.


1811 : De paroisse, Prinçay est devenu commune. Son maire est Marc Tessier. Les registres sont passés de la soutane aux sans-culotte.
Les Prinçois sont-ils des rouges ?
Qu'est ce qui les pousse à décider la fusion du spirituel avec Availles ? Mystère pour le moment. Toujours est-il qu'en 1811, c'est fait. L'église ne sert plus et le cimetière non plus...
Les infos des matrices cadastrales permettent de confirmer la localisation de l'ancien cimetière de Prinçay, donnant raison à la sorcière qui médite depuis 20ans au milieu des fantômes...
Le terrain, parcelle I-97 est vendu aux enchères avec la p'tite église en 1811, afin de contribuer à l'acquisition du presbytère d'Availles.
 Accord conclu non sans difficulté, entre les deux maires de Prinçay et d'Availles.


Quelques années passent.
 Les Prinçois enterrent leurs morts au cimetière d'Availles à 2km de chez eux, pendant une petite quarantaine d'années sans trop broncher. Mais ça ne leur plait guère.

En Novembre 1818, Prinçay perd son statut de commune et est rattaché à Availles, ça  met, à coup sur, certains de très mauvaise humeur...
La colère monte doucement jusqu'en 1852.

Les paroissiens souhaitent de nouveau se faire enterrer chez eux, et le font savoir. Ils écrivent au maire d'Availles qui le prend de travers. Le ton monte comme il est permis de le supposer à la lecture du compte-rendu du conseil municipal, bien plus explicite et savoureux que ceux de notre fade époque administrative.
Le maire d'Availles (Martineau) s'oppose franchement à la construction d'un cimetière à Prinçay. Pour lui, les chemins sont bons, les 2km ne sont pas grand chose et la demande des paroissiens n'a pour but que de réactiver les vieilles querelles nées de la fusion de mauvais gré des deux communes.

Une enquête d'utilité publique est menée, la liste nominative des "traitres" à la cause du p'tit cimetière de Prinçay est toujours disponible...
Prinçay fait de la résistance, écrit au Préfet, qui tranchera l'affaire en leur faveur.

Tessier (ancien maire)  offre un de ses terrains, les Prinçois s'engagent à y faire eux même, les aménagements nécessaires.
Le maire d'Availles plie de mauvais coeur, la p'tite église du 13ème siècle reprend du service et

Prinçay retrouve son cimetière.



130 ans plus tard, autour de 1980, il sera de nouveau question de déplacer du mobilier de l'église de Prinçay vers celle d'Availles. Le sang des habitants de Prinçay ne fera qu'un tour, cathos ou pas, retrouvant l'enthousiasme et la solidarité de leurs prédécesseurs,  ils fonderont l'association des "Amis de Prinçay" afin de protéger et restaurer leur patrimoine : l'église, le cimetière, les souterrains et les chemins.



Bientôt en ligne, tous les documents scannés, classés et répertoriés concernant les cimetières de Prinçay.
Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

2 commentaires:

  1. Ils sont combatifs, à Prinçay, ça ne m'étonne pas :-) ! Merci Lulu pour ce récit terre à terre !

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    1. Oui c'est très très amusant de lire des témoignages de ces combats. où va se loger l'héritage et la psychogénéalogie hein ???

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